| Lun | Mar | Mer | Jeu | Ven | Sam | Dim |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 2 | 3 | 4 | |||
| 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 |
| 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 |
| 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 |
| 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | 31 | |
Un petit bout de chemin, à partager, à trans- former ...
Dans cette nouvelle rubrique, je
vais vous parler de Mathématiques. (Ceux qui ont déjà fui sont des lâches ^^).
Bon, à ce stade, ceux qui sont encore là ont sûrement très peur. Pour la
plupart des gens, les Maths ne sont qu’un mélange assez atroce de chiffres,
d’intégrales et parfois même de nombres complexes. Et c’est bien dommage. Les
Maths, c’est beaucoup plus joli que ça. Mon objectif ici va être de vous le
montrer. Je vais tenter (et je n’ai pas la prétention d’affirmer que je vais
réussir, parce que je ne suis pas sûre d’avoir les compétences requises) de
vous expliquer quelques points des Mathématiques qui me semblent intéressants
de façon simple et ludique. A vous de voir si vous souhaitez vous prendre au
jeu. Bref, enjoy ! Oh, et j’allais oublier : le but, c’est de vous
amuser donc si vous voyez un passage un peu trop compliqué ou incompréhensible,
passez votre chemin. Prenez le temps que vous voulez pour lire. Pourquoi lire
ça d’ailleurs ? Je ne sais pas. Parce que c’est intéressant, parce que si
vous sortez avec un matheux ou une matheuse, ça le ou la touchera, parce que
c’est très très utile en soirée (Et oui, il est bien connu que la phrase
« Huum, je t’emmène dans mon espace Euclidien, petite
autoadjointe ? » fait fantasmer toutes les filles), et aussi parce
que ça vous permettra de vous la péter en prenant un air intelligent. Enfin, je
propose ça parce que ça me plaît de l’écrire, voilà.
Bonjour très chers internautes.
Comme je vous l’ai dit, il va y avoir du changement. Je vous ai parlé de l’arrivée d’un site web, mais ce n’est pas pour tout de suite, il faut, dans un premier temps, que je le crée (oui, cela semble plutôt logique) et comme j’ai pas mal de gros projets en cours, cela risque d’être très lent.
Pour vous faire patienter, je vais donc vous parler de mes projets. Trois d’entre eux vous concernent, et c’est donc ceux-là que je vais énoncer maintenant.
1/ J’ai envie de faire imprimer et relier quelques exemplaires de « Chaque seconde passée sans toi ». Ce sera une version revue et corrigée de l’histoire, et j’y ajouterai même quelques illustrations (médiocres, mais illustrations tout de même). Bien sûr, cela aura un coût, mais je voudrais tout de même savoir si certains d’entre vous seraient intéressés. Pour ceux qui le sont, merci de m’envoyer un mail (nice.mourning@gmail.com) pour que l’on parle de tout ça.
2/ Je suis en train d’écrire une nouvelle histoire d’un tout autre genre : « Quand le soleil se cache » (oui, j’aime bien les titres métaphoricoromantiques). Je publierai les chapitres un par un, comme d’habitude. Cette histoire sera plus violente, avec plus d’action et de fantastique. De quoi laisser libre court à mon imagination. J’espère que ça vous plaira.
3/ Je reprends l’idée des célèbres Cafouniettes de l’Histoire, version Mathématique. Pour ceux qui ne connaissent pas les Cafouniettes de l’Histoire, ce sont en fait des petits passages de l’Histoire réexpliqués de façon claire, ludique et drôle. C’est assez intéressant pour ceux que l’Histoire a toujours déçu à l’école (parce que c’était plus chiant qu’autre chose, vu comment c’était raconté). En plus, c’est écrit par un homme magnifique, attentionné et terriblement délicieux (mais pas touche). Bref, bref, bref, l’enjeu de cette rubrique sera de faire comprendre les maths, et repartant de zéro. Pour plus d’explications, allez voir l’introduction de la rubrique en question.
Voilà, voilà ! Cela fait beaucoup de choses en parallèle, mais au moins, ce sera varié.
Hum, et aussi : je viens d'accomplir quelque chose de grand (je trouve) en sortant de la prison par la grande porte dorée. Du coup, je voudrais mettre ici les paroles d'une chanson assez à propos : C'est ta chance (Jean-Jacques Goldman).
Il faudra que tu sois douce
Et solitaire aussi
Il te faudra gagner pouce à pouce
Les oublis de la vie
Oh, tu seras jamais la reine du bal
Vers qui se tournent les yeux éblouis
Pour que tu sois belle, il faudra que tu le deviennes
Puisque tu n'es pas née jolie
Il faudra que tu apprennes
A perdre, à encaisser
Tout ce que le sort ne t'a pas donné
Tu le prendras toi-même
Oh, rien ne sera jamais facile
Il y aura des moments maudits
Oui, mais chaque victoire ne sera que la tienne
Et toi seule en sauras le prix
C'est ta chance, le cadeau de ta naissance
Y a tant d'envies, tant de rêves qui naissent d'une vraie souffrance
Qui te lance et te soutient
C'est ta chance, ton appétit, ton essence
La blessure où tu viendras puiser la force et l'impertinence
Qui t'avance un peu plus loin
Toi, t'es pas très catholique
Et t'as une drôle de peau
Chez toi, les fées soi-disant magiques
Ont loupé ton berceau
Oh, tu seras jamais notaire
Pas de privilège hérité
Et si t'as pas les papiers pour être fonctionnaire
Tout seul, apprends à fonctionner
C'est ta chance, ta force, ta dissonance
Faudra remplacer tous les "pas de chance" par de l'intelligence
C'est ta chance, pas le choix
C'est ta chance, ta source, ta dissidence
Toujours prouver deux fois plus que les autres assoupis d'évidence
Ta puissance naîtra là
C'est ta chance, le cadeau de ta naissance
Y a tant d'envies, tant de rêves qui naissent d'une vraie souffrance
Qui te lance et te soutient
C'est ta chance, ton appétit, ton essence
La blessure où ti viendras puiser la force et l'impertinence
Qui t'avance un peu plus loin
See you soon mes petits poivrons farcis !

« Lou, vient ici, on t’attend ! »
« Oui Papy, j’arrive ! Une minute ! »
Rapidement, Lou recouvre de terre le noyau d’abricot qu’elle vient d’enfouir dans le sol. Elle marque l’emplacement en plantant un petit bâton juste à côté. Comme ça, elle pourra revenir l’arroser. Et ensuite, elle retourne à table pour manger le dessert. Un crumble, avec cinq bougies dessus. Lou regarde sa mère poser le gâteau sur la table. Elle a toujours adoré les anniversaires. Aujourd’hui, c’est au tour de sa petite sœur Lily d’avoir cinq ans. Lou a choisi de lui offrir son jeu de construction. Comme ça, elles pourront s’amuser ensemble. Et peut-être même que leur frère, Alexandre, viendra les aider. Tout le monde chante, et puis finalement, Lily souffle les bougies. Elle a besoin de deux essais pour y arriver, alors Alexandre se moque un peu. Et puis sa mère prend un grand couteau pour couper le gâteau. Elle en donne une part à chacun, et tous se mettent à manger, de grands sourires aux lèvres. Comme toujours, le père de Lou pose sa main sur celle de sa femme pendant qu’elle mange. Lou n’a jamais bien compris ça, mais elle ne dit rien, parce qu’elle oublie toujours de poser la question. Ensuite, quand le gâteau est fini, c’est l’heure de cadeaux. Lily est gâtée. Elle a eu des entrées pour un parc, ils vont y aller tous ensemble. Lou a hâte, elle aime partager des moments avec toute sa famille. Puis, lorsque tous les cadeaux sont ouverts, Lou va chercher sa sœur pour lui montrer où est-ce qu’elle a planté son abricotier. Alexandre les suit, avec d’autres noyaux. Ils ont décidé de faire une forêt, et ensuite, plein de gâteaux avec les fruits récoltés.
Appoline les regarde en souriant, elle serre la main de son mari. Charles a les yeux humides. Il se sent bien quand il est avec eux, il se sent moins seul. Il se souvient du mariage de sa fille. De sa robe blanche, de son sourire timide, des larmes de joie. Il revoit la naissance de Lou. Appoline épuisée qui la regarde, partagée entre la peur de ne pas être à la hauteur, et la fierté d’avoir mis au monde ce petit bout de chair. Et puis ensuite Lily, et Alexandre. Il se sent vieux le Charles. Parfois, il parle au ciel, comme si Marion pouvait l’entendre. « Si tu les voyais Chérie, tu serais tellement heureuse. Je pourrais revoir tes yeux briller. » Il regarde sa fille. Elle sourit. Et ensuite, il regarde derrière lui, vers ce passé épineux dont ils n’osent plus trop parler. Et alors, il voit tout le chemin qu’ils ont parcouru. Et c’est dans ses instants là que Charles se dit qu’il est fier d’être père…
Finalement, Appoline et son mari se lèvent pour débarrasser, pendant que Charles reste un peu assis à regarder les enfants creuser la terre. Appoline pose une pile d’assiettes dans la cuisine. Son mari l’y accompagne avec quelques couverts. Elle se tourne vers lui, un sourire timide sur le visage. Alors, il la serre dans ses bras. Ils restent là, quelques minutes ou quelques heures. A respirer l’autre. Jusqu’à ce qu’Appoline brise le silence. « Si tu savais à quel point de suis heureuse d’être ta femme Grégory… »
Fin.
#Pour Quentin...#
Appoline (Chaque
seconde passée sans toi…) dit :
Je suis désolée Grégory...
Greg’ « Sous la
pluie » dit :
Que t’arrive-t-il ?
Appoline (Chaque
seconde passée sans toi…) dit :
Je vais devoir faire un truc. Ça va être dur pour toi. Mais
comme tu l’as dit il n’y a pas si longtemps : « On ne peut pas
laisser les choses continuer comme ça ».
Greg’ « Sous la
pluie » dit :
Je ne comprends pas grand-chose là, tu peux développer ?
Appoline (Chaque
seconde passée sans toi…) dit :
Oui. Devine qui vient de m’appeler ?
Greg’ « Sous la
pluie » dit :
J’ai ma petite idée. Il m’avait demandé ton numéro…
Appoline (Chaque
seconde passée sans toi…) dit :
Tu m’as bien dit qu’il couchait encore avec son
Isabelle ?
Greg’ « Sous la
pluie » dit :
Oui… Et comme je te l’ai déjà expliqué tout à l’heure, je
pense qu’elle l’a fait pour lui. Je ne vois pas pourquoi elle se serait jetée
sur moi comme ça ! Tu sais, je crois même qu’il le lui a demandé…
Appoline (Chaque
seconde passée sans toi…) dit :
C’est bien sa marque de fabrique ce genre de chose. Je ne
sais plus ce que je ressens pour lui, mais c’est très différent de ce que tu me
fais. C’est avec toi que je veux vivre. Lui ne sera bon qu’à me faire du mal.
Et finalement, les sentiments que j’ai pour toi sont plus forts. C’est toi qui
me trotte dans le cœur quand je suis à Paris. Toi qui me manque lorsque tu
t’éloignes un peu…
Greg’ « Sous la
pluie » dit :
Je t’aime Appoline… Tu me touches.
Que te voulait-il alors ?
Appoline (Chaque
seconde passée sans toi…) dit :
Que je me jette dans ses bras. Chose que j’ai faite.
Maintenant, je vais avoir besoin de toi. Je sais que c’est horrible ce que je
te demande. Mais je ne veux plus qui s’aventure vers nous. Je ne veux plus
qu’il nous abîme. J’ai envie d’un Nous heureux…
Greg’ « Sous la
pluie » dit :
L’idée me plaît, je crois que ça m’évitera de commettre un
meurtre…
Appoline (Chaque
seconde passée sans toi…) dit :
D’accord… Merci… Il m’a donné rendez-vous Dimanche et tel que
je le connais, fier comme il est, pas mal de gens sont déjà au courant. L’idée,
c’est de les mettre aussi au courant de mes sentiments réels. Tu m’as dit que
tu l’avais vu à une soirée ?
Greg’ « Sous la
pluie » dit :
Oui, il doit s’en souvenir de cette soirée d’ailleurs.
Appoline (Chaque
seconde passée sans toi…) dit :
Ok, super. On va organiser nous aussi une petite soirée
alors. Dimanche soir. Avec ses amis. Et avec toi. Je l’y amènerais.
Greg’ « Sous la
pluie » dit :
D’accord… Ça m’inquiète un peu cette histoire, tu veux faire
quoi exactement ?
Appoline (Chaque
seconde passée sans toi…) dit :
C’est là que tu risques de moins aimer. Je passe l’après-midi
avec lui (non sans arriver en retard, je vais prétexter des bouchons pour ne
pas avoir à tenir trop longtemps dans le rôle de la fille dévouée), et lui fais
croire qu’il a gagné. Qu’il va pouvoir jouer avec moi comme il l’a toujours
fait. Et quand il sera confiant, quand il se dira qu’il aura quelqu’un au bras
à cette soirée, tu seras là. Et je vais lui montrer à quel point il a tord.
Greg’ « Sous la
pluie » dit :
Chérie, tu ne préfères vraiment pas que je le tue ?
Appoline (Chaque
seconde passée sans toi…) dit :
Et je ferai quoi quand tu croupiras en prison ? On se
soutiendra comment lorsque l’un sera mal ? Non, Greg’, si tu as une autre
solution, je t’écoute…
Greg’ « Sous la
pluie » dit :
Vas alors. Mais ne le laisse pas trop te toucher, parce que
sinon, je vais vraiment le tuer. Et il souffrira.
Appoline (Chaque
seconde passée sans toi…) dit :
C’est toi que j’aime. Je n’arrive pas à l’oublier, mais je me
demande vraiment pourquoi… Je sais qu’il est mauvais, je sais tout ce qu’il a
et qui me fait mal. Et je ne veux plus de lui dans ma vie. Je veux le rayer de
là à jamais. Je t’aime Grégory, je t’aime… Tellement. On va faire ça, et on
l’oubliera.
Greg’ « Sous la
pluie » dit :
Oui, ok. Mais fais attention à toi je t’en prie. Je n’en peux
plus de te perdre.
Appoline (Chaque
seconde passée sans toi…) dit :
Ne t’inquiète pas. Je ne te ferais plus de mal. C’est une
promesse. Je suis là pour te soutenir et t’aider. Pour que Nous avancions.
Greg’ « Sous la
pluie » dit :
Je t’aime… On la fait où cette soirée ?
***
Appoline est assise sur son lit, au milieu de sa chambre. Une
musique entraînante pour seule compagnie. Elle réalise petit à petit ce qu’elle
s’apprête à faire. Elle va s’autoriser à exister. Se donner le moyen de vivre,
le plus fort possible avec Grégory. Mais elle a peur, parce que la blessure au
fond d’elle ne s’est jamais refermée.
Certaines choses sont claires cependant. Lorsqu’elle est
contre Grégory, elle se sent la plus heureuse des femmes. Elle est incapable
d’éteindre son sourire. Son cœur bat, toujours plus vite, toujours plus fort.
Elle a l’impression d’être entourée d’un halo de douceur, d’être protégée de
tout ce qu’il y a autour. Et chaque dimanche, à chaque baiser, à chaque frôlement
de ses doigts, elle s’entend penser qu’elle veut passer sa vie avec lui. Plus
ils passent de temps ensemble, et plus elle comprend à quel point ils sont
faits l’un pour l’autre. Il la comprend, et c’est bien le seul. Il prend le
temps de l’écouter, de la consoler. Avec lui, elle se sent quelqu’un. Il la
rattache à la vie avec ses étreintes, lui ôtant petit à petit l’envie de fuir
violemment ce monde. Elle n’arrive pas à aller mal quand il est là. Et quand
elle pleure, sans qu’elle arrive à comprendre sa façon de faire, il finit
toujours par lui redessiner un sourire sur le visage. Le contraste entre
l’année sans lui et ses quelques mois accrochée à sa main est tellement
flagrant qu’elle ne sait même plus comment elle a pu se priver de lui tout ce
temps. Alors c’est une chose dont elle est sûre maintenant, c’est avec lui
qu’elle a envie de continuer le chemin, elle a confiance en leur avenir et n’a
plus envie d’être confrontée à Valentin qu’elle veut juste l’oublier.
Elle sait par contre que revoir Valentin ne sera pas simple.
Qu’elle s’en voudra de lui faire du mal. Qu’elle devra jouer la comédie à la
perfection pour qu’il ne sente pas ses mains trembler. Elle n’arrive pas à
s’expliquer l’effet qu’il lui fait. En y réfléchissant bien, elle se dit que
dans un premier temps, aussi idiot que cela puisse paraître, il a pris le rôle
de son père, parce que celui-ci semblait se désintéresser d’elle. C’est cela
alors qui à commencer à créer en elle des sentiments compliqués. Et puis, avec
le temps, à chaque fois qu’il enfonçait sa lame souillée dans son cœur, tout
s’est mélangé en elle. Elle avait besoin de lui, parce qu’il était le seul à
être là pour elle, mais c’était douloureux. A chaque fois un peu plus. Et puis
elle a fini par être tellement blessée que l’idée de le retrouver était plus
mêlée à la peur qu’à l’amour. C’est pour cette raison qu’elle ne sait pas si
elle tiendra le coup Dimanche. Elle sait l’emprise qu’il peut avoir sur elle.
Il sait où appuyer pour lui faire mal. Il sait comment la faire céder, comment
jouer avec elle, la manipuler à sa guise. Mais cette fois, elle a Grégory avec
elle. Et si c’est pour lui, pour eux qu’elle se bat, elle se sent un peu plus
forte.
Et là, pendant qu’elle réfléchit à tout ça, elle comprend
que, encore une fois, il a réussi à la blesser.
***
Elle se gare près du parc. La soirée commence dans deux
heures. Il est là, il l’attend, avec ses yeux terribles. Elle lui offre un
sourire auquel il répond. Elle n’a par contre pas besoin de se forcer pour
avoir le regard humide. Mais quand il la prend dans ses bras, lui donnant cette
étreinte dont elle avait tellement besoin quelques temps auparavant, ce qu’elle
ressent avant tout, c’est du dégout pour cet homme qui prend sans jamais
donner. Cet égoïsme qui fait qu’il est incapable de répondre à ses attentes. Et
cette fierté qui le rend irrémédiablement sourd à ses appels. Là, contre lui,
elle ne sent pas de chaleur. Ses yeux ne se ferment pas, elle ne s’envole pas
comme lorsqu’elle est contre Grégory. Elle ne lui donnera plus rien d’elle. Il
n’aura que l’illusion, pendant deux heures, de l’avoir gagnée. Et après cette
petite mise en scène, elle pourra retrouver les bras de celui qui compte
vraiment. Jamais elle ne les a attendus avec autant d’impatience.
A chaque contact, elle a peur de se faire capturer de
nouveau. Elle pense à Grégory, elle voudrait fuir pour le rejoindre. Goûter à
ses lèvres. Frôler sa peau. Sentir son odeur caramel. Mais comme il l’a
dit : « Ecoute ma puce, on ne peut pas laisser les choses continuer
comme ça. ». Le temps passe, doucement. Valentin caresse sa peau,
redessine son tatouage du bout de doigt. Elle pense à Grégory. Il sera là,
contre elle. Elle pourrait lécher sa peau, battre contre lui, l’enlacer de plus
en plus fort… Les mains de Valentin descendent le long de son dos. Elle ferme
les yeux. Je t’aime Grégory. Je t’aime. Plus que tout. Pour toujours, tout le
temps. A jamais. Je t’aime mon Ange. Je t’aime, de toutes mes forces, de tout
mon cœur. Je t’aime, toi, uniquement toi. Je t’aime…
***
Quand ils arrivent dans la salle, les regards se tournent
vers eux. Elle voit Isabelle, la main dans celle d’un garçon qu’elle ne connait
pas. Elle voit un groupe de garçons, les amis de Valentin. Et quelques autres
invités. Et puis, au milieu d’eux, Grégory. Elle peut lire dans son regard à
quel point il a mal de le voir arriver avec un autre. Elle sait qu’il se
retient, qu’il irait bien la récupérer. Mais il attend. Il la laisse faire…
Appoline lâche la main de Valentin. Les gens la regardent.
Valentin aussi. Grégory aussi, avec ses grands yeux dorés.
Alors elle se tourne vers Valentin. Elle a sur le visage
cette expression impassible et déroutante qu’il prétendait tant aimer.
« Il y a quelque chose que je veux mettre au point
Valentin. On sait tous les deux à quoi tu joues. Tu me dis venimeuse,
manipulatrice, machiavélique. Peut-être. Mais regarde toi : regarde ce que
tu as fait à Isabelle, ce que tu l’as forcée à faire juste pour ton bon
plaisir. Tu m’as traitée de tous les noms. Tu t’es joué de moi, du début à la fin.
Oh, oui, bien sûr, ça me fait mal de te dire ça maintenant, mais si c’est le
seul moyen pour protéger Grégory de toi, pour me protéger de toi, je le ferais.
Je n’ai pas oublié tes étreintes, je ne les oublierais jamais. Tu as toujours
beaucoup compté pour moi, en bien comme en mal. Tu me fais et me fera toujours
de l’effet, bon et mauvais. Mais Valentin, ce n’est pas avec toi que je veux
faire ma vie. Et je ne suis pas comme Isabelle, Grégory, je l’aime, et c’est
unique, c’est fort, je ne foutrais pas ça en l’air une deuxième fois, et encore
moins pour toi. Alors maintenant, il faudrait que tu me laisses tranquille. Si
tu te demandes pourquoi je te résiste, pourquoi j’ai choisi Grégory, la réponse
doit se trouver dans tes souvenirs. Oui, tu es venu me voir à l’hôpital, et tu
as été le seul. Mais ça ne pourra jamais effacer tes stratagèmes pour m’empêcher
de vivre. Je me souviens de notre première rencontre il y a quelques années. Tu
m’as tout de suite plu, par le physique, mais surtout par le caractère, la
façon de penser. Tu étais différent de tous les autres, tu me semblais entier
et sincère. On a tout de suite accroché, et je me suis dit que l’on pourrait
devenir amis. Seulement, deux amis sont censés se soutenir, se défendre, Et
moi, je ne pourrais jamais oublier ce jour où tu t’es rendu compte que je n’étais
pas forcément la fille avec qui il fallait trainer, et que tu as préféré te marrer
plutôt que de me soutenir lorsque je défendais un point de vue qui était aussi
bien le mien que le tien. Mais je suis passée au-dessus de toutes ces choses-là,
j’ai oublié toutes tes moqueries, ton indifférence, parce que parfois, tu me
disais que j’étais extraordinaire, que tu voulais me garder avec toi. Ensuite,
les choses ont changé, un peu. Tu t’es rapproché de moi, tu m’as ouvert tes
bras, et je me suis jetée dedans. Je me suis laissée aller, je t’ai fait
confiance, je t’ai donné mon cœur, et peut-être un peu trop de moi, mais je ne
pouvais pas faire autrement. J’avais fatalement besoin de toi, je me sentais
moins fragile dans tes bras. J’avais besoin de grandir à l’abri du monde, et tu
m’offrais la cachette idéale. Ah, mais là, Valentin, tu as déconné. Quelque
chose de bien. Tu me disais que je te plaisais, que j’étais jolie, que tu
aimais passer du temps avec moi. Une fois aussi, tu as dit que tu m’aimais. C’est
tombé comme ça, entre nous, et quand j’ai voulu le ramasser, tu l’as récupéré.
A partir de là, tout est parti de travers. Dès que je te serrais un peu trop
fort, tu riais avant de me repousser. Dès que je te parlais, tu détournais le
regard. Tu ne remplissais même plus le rôle d’ami. J’ai commencé à craquer, et
toi, tu as joué avec ça. Tu savais ce que je ressentais pour toi, et tu étais
ravi de tirer sur ce lien, quitte à m’arracher la peau à l’autre bout. Tu as
été odieux avec moi Valentin. Je n’ai pas toujours eu un comportement
exemplaire non plus, je te l’accorde. Mais quel genre de monstre se met à rire
lorsqu’il voit le ventre d’une amie couvert de cicatrices ? Quel genre d’ami
est-on lorsque l’on dit à une fille qu’on ne peut pas la supporter lorsqu’elle
touche le fond ? Je n’oublierais pas les « Je suis trop bien pour toi »,
les « Regarde toi, tu es laide, comment voudrais-tu qu’un jour, je m’attache
à toi ? ». Je n’oublierais pas les « Tu ne vaux rien, regarde
toi ? » et tous ces mots qui blessent. Tu m’as mise en miettes
Valentin, et Grégory a tout ramassé, tout recollé. L’ensemble est bien fragile
maintenant, et j’ai besoin de lui pour le maintenir en un seul morceau. Pas de
toi pour frapper un grand coup dedans. Oui, Valentin, je t’ai aimé très fort,
je t’ai aimé au point de m’en rendre malade, je t’ai aimé jusqu’à m’en faire
mourir de faim, mais ce n’est pas possible, ça ne peut pas continuer comme ça.
J’ai le droit de vivre, même si je suis venimeuse, même si je suis pourrie de
machiavélisme à l’intérieur, même si je suis un être détestable, j’ai le droit
de vivre. Et ça se fera avec Grégory. Ça se fera contre lui. Je ne veux plus
jamais avoir affaire à toi Valentin. Alors s’il-te-plaît, si une fois dans ta
vie j’ai compté pour toi, laisse-moi une chance de m’épanouir. S’il-te-plaît
Valentin. On le sait tous les deux, si tu insistes, je ne tiendrais pas
longtemps, mais ça me détruirait totalement. Si ça peut te rassurer, je ne t’oublierais
jamais, mais je t’en supplie, laisse-moi vivre avec lui, et avaler tout le
bonheur qu’il a à nous offrir. Laisse-moi Valentin, laisse-moi vivre… »
La voix d’Appoline tremble, et une larme coule le long de sa
joue. Valentin la regarde, la bouche entrouverte. Et là, devant tout le monde,
il se met à pleurer. Pour la première fois, Appoline voit les larmes rouler sur
son visage. Elle sent les bras de Grégory qui s’enroulent autour d’elle pour
lui montrer qu’il est là, que tout est fini. Et Valentin pleure. Il ne s’arrête
plus. Tout le monde le regarde. Même Isabelle, presque déçue de le voir
craquer, et remplie d’une haine terrible à l’égard d’Appoline. Même Antoine,
avec un grand sourire sur le visage. Même Grégory, avec le cœur rempli de
respect et d’amour. Les larmes coulent. Valentin reste droit, ne s’écroule pas,
mais ne peut plus arrêter ses yeux de pleurer. Alors il s’approche d’Appoline,
et Grégory la libère. Valentin lui offre une dernière étreinte, mêlée de
larmes.
« Je suis désolé Papillon, je suis tellement désolé. Je
vais te laisser. C’est fini. Pardonne-moi… »
Appoline approche alors ses lèvres du cou de Valentin.
« Je te pardonne Valentin. Merci. »
Il la lâche alors, essuie l’eau de ses joues, et part.
Grégory ouvre ses bras pour qu’Appoline puisse s’y blottir,
puis l’emmène à l’extérieur, pour qu’elle puisse pleurer. Ils restent là, tous
les deux. Elle pleure, elle pleure, tout ce mal en elle, qui s’échappe. Elle
pleure, et il passe sa main dans ses longs cheveux. Il la garde contre lui,
pour qu’elle sente qu’il est là, qu’il l’aime. Appoline pleure toutes les
larmes de son corps. Et quand il n’en reste plus une seule, elle s’arrête. Elle
est apaisée. Elle va pouvoir repartir, sur un autre chemin. Un chemin où elle
aurait quelqu’un pour lui tenir la main. Un chemin où elle serait capable de
manger sans se haïr. Un chemin où elle pourrait sourire. Un chemin où Grégory
et elle pourrait former un Nous.
« Je t’aime Grégory. Je t’aime tellement… »